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Rêve de gosse : mon premier Leica M EV1

6 min de lecture
Rêve de gosse : mon premier Leica M EV1
🤖 Résumé réalisé par IA
* Le plus bel appareil que j'ai eu entre les mains, mais 8000€ pour ça. 📸 * Optiques M compactes et alternatives Voigtländer plutôt que les tarifs Leica. * Maestro 2, 200 clichés d'autonomie, freezes : un M11 bricolé à la va-vite.

J’ai profité d’une occasion pour tester le Leica M EV1, le premier Leica M sans visée télémétrique. Ce n’est pas mon premier Leica, j’ai déjà eu un Q puis un Q3, mais c’est le premier à objectif interchangeable.

Spoiler : ça ne valait pas le prix que j’y ai mis.

Un très bel objet

C’est de loin le plus bel appareil photo que j’ai jamais eu entre les mains. Il pèse seulement 450g, ce qui est surprenant en main, et pourtant il n’est pas en plastique mais en aluminium.

Il est très fin mais reste agréable à tenir, même sans grip supplémentaire. C’est exactement le gabarit que je recherche : du full frame qui rentre dans une poche. La finition est irréprochable, les boutons s’enclenchent parfaitement, le bruit de l’obturateur est top.

En revanche, Leica, si vous me lisez : arrêtez de sortir des éditions spéciales juste pour enlever le logo rouge en plein milieu de l’appareil. On est fier d’avoir un Leica, mais pour vivre heureux vivons cachés. Ajoutez une simple option logo rouge ou logo noir et basta. Je ne suis pas à l’aise de montrer que je trimballe un Leica avec cette pastille, c’est le meilleur moyen de se le faire voler.

Les optiques M

L’avantage de la monture M, c’est que les optiques suivent la même philosophie que le boîtier : ultra compactes et bien finies. Ça ne sert à rien de faire des boîtiers minuscules si les objectifs sont énormes.

Quand je vois ce que fait Panasonic avec le Lumix S9 , c’est du gâchis. Le boîtier est presque aussi fin que le Leica M, mais les optiques sont monstrueuses. On me dira qu’elles ont l’autofocus, c’est vrai. Sauf que le pancake 26mm est manuel et n’ouvre qu’à f/8.

Les optiques Leica restent inabordables pour le commun des mortels. Soit on s’en paye une et c’est tout. Autant acheter un Q dans ce cas : on achète l’optique et Leica nous offre le boîtier pour le même prix. Heureusement la liste des alternatives est longue, et Voigtländer fait du super boulot. Dommage que Zeiss n’innove plus côté grand public, j’étais un grand fan sur la monture E avec la gamme Loxia et leur Zeiss 55mm f/1.8, meilleure optique au monde.

Autre détail qui m’a agacé : le boîtier ne reconnaît pas les objectifs montés. Il faut les coder soi-même, mais les corrections appliquées correspondent aux optiques Leica, donc il faut repasser par la post-production. Et je déteste ça. Vu le prix, maintenir des profils de correction pour les marques qui font l’effort de fabriquer en monture M serait la moindre des choses.

Photos prises avec le Voigtlander 50mm 1.5

L’héritage de la visée télémétrique

L’héritage de la télémétrie, c’est aussi l’impossibilité de faire la mise au point à moins de 70cm. Un grand nombre d’objectifs en sont incapables. Avec l’EV1 et le viseur électronique on peut contourner le problème, mais il faut l’optique adaptée. Gros point de frustration pour moi qui ne connaissais pas cette limite. Le Voigtländer 50mm f/1.5 II, pourtant compact et lumineux, ne descend pas sous 70cm, donc oublie les portraits serrés.

Côté aide à la mise au point, tu as le zoom automatique dès que tu touches la bague, et le focus peaking qui colore les zones nettes. J’y étais habitué, je l’utilisais déjà sur mon Sony avec mes objectifs M et Loxia. Sauf que le rafraîchissement de l’EVF n’est que de 60Hz, ce qui ajoute un lag à l’image vraiment pas plaisant.

Quand on mise tout sur un viseur électronique pour la mise au point et qu’on s’appelle Leica, on se doit de fournir le meilleur écran pour ça. Regarde du côté de Fujifilm et du X100 ou du X-Pro : la visée hybride est remarquablement implémentée, avec un viseur optique et la possibilité d’afficher un petit EVF à l’intérieur pour le focus peaking. Le meilleur des deux mondes.

De grosses lacunes techniques

L’EV1 utilise le processeur Maestro 2, l’ancienne version de celui du Leica Q3 qui embarque le Maestro 3, alors que le Q3 est sorti avant. J’ai l’impression que l’EV1 a été bâclé sur la base du M11 : Leica a juste remplacé la visée télémétrique par l’EVF.

Pourquoi est-ce un problème ? D’abord parce que ce processeur est gourmand, donc la batterie est donnée pour seulement 200 clichés. Oui, oui, tu as bien lu. Pour un appareil à 8000€, ça pique . Le M11 classique, lui, tient 700 clichés au viseur optique.

Ensuite, cette ancienne puce le rend incompatible avec les nouveaux Leica Looks, et là c’est incompréhensible. Moi qui cherche à me débarrasser de la post-production, je veux des JPEG sortis du boîtier qui soient à mon goût. Il suffit de voir ce que font Fuji ou Panasonic là-dessus, et même Leica le propose sur ses autres boîtiers numériques.

Ne compte pas non plus sur la stabilisation : il n’y en a pas. Oublie les photos à main levée du Colisée à la tombée de la nuit. Cela dit, sur ce point je préfère un boîtier léger à de la techno embarquée, donc ça ne me dérange pas.

En revanche il y a un vrai sujet sur la balance des blancs et la mesure d’exposition. Dans certaines circonstances tu prends une série de photos et la balance des blancs change d’une image à l’autre : une qui tire vers le bleu, l’autre vers l’orange. Pareil pour la mesure de la lumière, c’est le premier appareil où j’ai du mal à trouver le bon réglage, avec souvent des photos sous-exposées.

Les freezes, on en parle ?

Dès la première utilisation, j’ai dû retirer la batterie parce que l’appareil avait freezé. Blocage direct. Après m’être renseigné sur les forums, j’ai compris que c’était un problème de carte SD : une fois formatée par l’appareil, le souci a disparu. Comment une marque comme Leica peut-elle ne pas anticiper ce genre de problème ?

J’avais déjà connu des soucis de fiabilité avec mon Q3 et sa batterie qui se vidait toute seule. À 180€ la batterie, on est en droit d’avoir un contrôle qualité digne de ce nom.

Le verdict en deux colonnes

Ce que j’ai aimé :

  • Le plus bel objet photo que j’ai eu en main, 450g d’aluminium dans la poche.
  • Des optiques M compactes qui respectent la philosophie du boîtier.
  • Le bruit de l’obturateur et la finition des commandes.

Ce qui fâche :

  • 8000€ pour un Maestro 2 recyclé du M11 et 200 clichés d’autonomie.
  • Incompatible avec les nouveaux Leica Looks, donc retour forcé à la post-production.
  • Balance des blancs et exposition capricieuses, freezes carte SD, pas de stabilisation.

Bref, un objet de rêve gâché par des compromis indignes du prix. Si tu hésites, garde ton argent ou regarde plutôt du côté du M11 classique. Et si comme moi tu craques quand même, revends-le proprement le jour où la lucidité revient.

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